Il fallait juste tenir ma main

Il fallait juste tenir ma main

Cette fois j’arrête de courir les yeux fermés. Je reprends mon souffle, mon calme, et je me retourne pour regarder tout ce(ux) que j’ai l’aissé(s) derrière moi. Lire la suite « Il fallait juste tenir ma main »

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Trop

Trop

Les règles que je me suis fixées m’ont menée sans que je ne le réalise totalement vers des hommes très sexuels. Des hommes qui ne jouissent que de la chair et des plaisirs qu’elle procure, des séducteurs qui aiment briller dans le regard des femmes, des hommes pour qui la performance est une qualité première, et l’orgasme féminin une victoire. Ces hommes-là n’en ont que faire de la femme que je suis, dedans. Ils voient un corps, un sourire, des yeux qui pétillent, et je me transforme tout à coup en trophée qu’ils pourront fièrement poser sur leur étagère. Je ne leur reproche rien. Ce cadre-là me plaît. Il m’arrange. Il m’empêche de me poser la question de l’implication, il m’évite de ressentir le manque, l’obsession, la jalousie ou pire encore…

Je l’ai perçu tout de suite en réalité : dans ta voix, dans tes propos, dans tes silences. Quelque chose en moi me disait que toi, ce serait différent. Et ça l’a été. Un décalage énorme. Je l’avais pourtant voulue très sexuelle, cette rencontre, comme pour conjurer mes craintes, déjà présentes. Mais… Ta tendresse. Ta douceur. Ton regard perçant qui regardait autant le dedans que le dehors. Ta manière de me toucher, du bout des doigts, comme si j’étais fragile. Le plaisir qui était le tien à m’entendre -non- à m’écouter gémir, à me voir me cambrer, à me sentir vibrer. Oui, je peux affirmer que cet après-midi-là, ton plaisir n’est passé que par le mien.

Je t’ai quitté désarçonnée, déstabilisée, inquiète. Dit-on à quelqu’un qu’on ne veut pas le revoir parce qu’il est trop tendre, trop attentionné, parce qu’on se sent trop précieuse et trop belle dans ses bras ? Comment allais-je pouvoir t’expliquer ça ?… Alors on s’est revus. Tu as senti mon hésitation. Tu as perçu cette distance que j’ai essayé de garder tant que j’ai pu, avant que nos lèvres ne se rencontrent et que nos peaux ne fusionnent. Encore…

Et ces mots que tu poses sur moi. Ces mots que j’espère toujours, tellement, et qui n’arrivent jamais. Ces mots que je n’ai pas eu besoin de réclamer et qui sont la preuve -s’il en fallait une- que tu m’as mise, au moins pour un temps, au centre de ton esprit clairvoyant.

J’ai peur de ça. Parce que tu m’empêches de tenir mon rôle de séductrice inabordable et sûre de ses charmes, celle qui dispose et qui gagne à tous les coups. Parce que je ne peux pas jouer les arrogantes avec toi. Parce que je ne peux pas faire semblant d’être une autre face à toi. Parce que toi tu regardes dedans et que tu arrives à voir ce que je veux cacher. J’ai mis trop longtemps à construire ces murs et ils m’ont trop coûté pour que je laisse ton regard, aussi doux soit-il, les transpercer.

Tu m’as demandé pourquoi je ne souhaitais pas te revoir. Voilà. Tu sais. Tu m’attires autant que tu me fais peur… Mais mon instinct protecteur restera inéluctablement ton invincible adversaire.

Ce que je ne m’accorde pas

Ce que je ne m’accorde pas

Je lis ces textes, parfois ces simples phrases ou juste quelques mots, qui parlent de ce que je ne m’accorde pas.

Car oui, il m’arrive d’en rêver. Je goûte par procuration le miel de ces mots d’amour destinés à une autre et je le savoure, en les imaginant pour moi. C‘est moi qui hante votre esprit, c’est de moi que naissent les émotions qui vous animent, c’est moi qui pénètre la carcasse et caresse votre cœur autant que votre peau. 

Mais je le sais, ce que je donne n’est pas à la hauteur de ces songes, car je ne mets pas mon cœur sur ma main à la portée du premier baiser qui passe, ou du premier courant d’air. Je ne veux pas qu’il s’abîme, je ne vis pas ces aventures pour ça. Je donne du beau pour recevoir du bon. Je donne du sucré pour qu’on en veuille encore. Je donne du léger pour n’être pas lourde à porter, quand on veut bien m’emmener un peu avec soi. Parce que je me suis posé des règles, des murs qui s’ils m’empêchent de souffrir, m’empêchent aussi d’accéder aux vagues qui vous emportent, qui font tanguer votre barque, vous apportent les sensations fortes qui moi me font peur, autant qu’elles nourrissent mes fantasmes…

Allez viens, on joue. On dirait que tu m’aimerais et que tu aurais envie de me le dire. On dirait que tu m’écrirais des mots d’amour et que je les croirais. On dirait qu’on n’aurait pas peur. On dirait qu’on s’attacherait et qu’on se dirait pourquoi nous, et pas les autres.

Si tu veux après je ferais semblant d’oublier. Tu sais bien que le détachement, ça me connaît. Je laisserais ces mots en coulisses, dans une poche, au fond de ma solitude. Je les cacherais.

On m’écrivait ce genre de lettres, avant. C’était il y a longtemps, mais je me souviens comme si c’était hier de comment je me sentais en les lisant : authentiquement singulière, explicitement spéciale, insoluble, gravée dans l’écorce de leur mémoire. Je me souviens que j’ai pleuré, aussi. Toujours. Malgré la force de ces mots. Car si les écrits restent, les sentiments s’étiolent.

Mais des sentiments mêlés dans une si belle histoire méritent certainement d’être conclus par quatre prunelles embuées à l’unisson…

Les vies parallèles, le débat

Les vies parallèles, le débat

Rarement un billet aura suscité tant de réactions, si vite… Alors je me donne le droit de répondre à vos objections, et à toutes celles qui ne seront pas formulées par ceux qui me lisent sans vouloir s’adresser à moi.

Tu me trouves cynique ? Pourquoi devrais-je donc ménager mes paroles sur ce blog qui est mon territoire ? A quoi mes mots sont-ils contraires ? A ta propre morale ? A tes idéaux ? A ton cœur pas encore assez fatigué, assez abîmé, ou qui a le goût de la torture ?… Non, je ne suis pas cynique. Je parle du dedans, derrière les murs, ce que tu n’as pas vu, et je prends la peine de le rendre explicite. Mettre des mots sur la boîte noire d’un cerveau, en se disant que peut-être, ils pourront faire écho.

Tu me penses malheureuse ? Je suis loin de l’être, si tu savais… Je vois le bonheur là où la plupart des gens ne l’aperçoivent même pas. Je connais l’amour véritable, il vit à mes côtés. Je sais qu’il côtoie l’inconditionnel, qu’il est protecteur, solide et sûr. Je sais que c’est un partenaire à long terme et qu’il ne laisse pas de place au doute. J’ose et je revendique. Je vise haut et je rêve fort. Le plaisir est mon compagnon de route. Je m’abandonne à lui pleinement, totalement. Je vis intensément, sans regrets, ni rancœur. Je suis légère, enfin, et très résistante au plomb.

Tu choisis de vivre pleinement, de te livrer entièrement à tes émotions, quel que soit le prix à payer ? J’admire cette philosophie. Elle serait mienne, d’ailleurs, si j’avais la peau neuve, le regard profane, le cœur inéprouvé et l’esprit ignorant. Mais je vis, j’apprends, et m’efforce de prendre soin de moi.

Tu ne me crois pas ? Tu penses qu’on n’avorte pas les sentiments ? Que je me voile la face ? Et bien crois-le ou non, mais en vérité on a toujours le choix. Réfléchis bien. Arrête-toi. Ecoute-toi. Chaque minute, chaque seconde que l’on décide de ressentir, on le fait par choix. On sait qu’on plante la graine, on sait à quoi s’attendre. On choisit de continuer. On sent que ça grandit. On choisit d’accueillir. Et de la même façon, on peut choisir de dire stop, avant les atermoiements.

C’est trop de contrôle pour être honnête ?… Chacun n’est-il pas maître de ses pensées ? On est victimes d’un tas de choses, par nature, je ne le nie pas. Mais les sentiments ne sont pas qu’émotions indociles. La raison y a sa part et de là, encore une fois, le choix. Je ne m’embarrasse pas de poids superflus, je n’ai plus de place pour les petites peines : les chagrins d’amour, les déceptions, les désillusions, le désenchantement ou l’amertume. La coupe est pleine de blessures bien plus lourdes qui sont ancrées en moi et qui remplissent ma coupe. J’en ai fait quelque chose de bon, je crois. Je sais le temps que ça m’a pris et le prix que ça m’a coûté. Je refuse à présent d’être une victime consentante.

Ma façon de voir les choses et de vivre ne vous enlève rien. Elle vous apportera, peut-être, ne serait-ce que par tout ce que vous ne prendrez pas.

Fille facile

Fille facile

Les relations dites « illégitimes » ne sont pas un long fleuve tranquille. Les stéréotypes auront à voir avec les raisons de ces tumultes : les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches ; les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées. Musset avait raison. Nous sommes des êtres fragiles.

Cette fragilité est admise par tous. Elle excuse nombres de comportements excessifs et souvent, renforce même les liens. Une femme fragile est une femme dont les hommes aiment prendre soin. Elle peut être jalouse, et l’amant flatté s’attachera d’autant plus. Elle peut être fuyante, voire inaccessible, ce qui la rendra terriblement attirante. Elle peut être instable et il aura envie de la rassurer. L’excessive est admirée pour son caractère fort. L’impulsive est pardonnée car tellement pleine de surprises ! La difficile est adulée parce qu’elle semble hors du commun. Les hommes ont besoin de sensations fortes. Ils ont pour ces femmes-là les mots les plus vibrants et les intentions les plus folles.

Mais toi, tu es solide… Indépendante, constante. Tu es compréhensive, toujours partante, curieuse, audacieuse, accessible et gentille. Toi tu ne fais pas trop de bruit. Tu es là quand on le souhaite et tu t’éclipses quand il faut. On t’espère…mais quand tu es là, on te voit à peine.

Cette femme-là ne retient pas. Pas de suspens. Pas de peur. Et les hommes ont besoin de sensations fortes…

La fille facile c’est du miel : doux et délicieux, mais pas essentiel. On s’en passe et ça ne manque pas. Paradoxe injuste et implacable. Elle qui laisse son cœur sur sa peau (là où les hommes posent leurs mains) et qui s’est tant abîmée, à devenir si forte.