Il fallait juste tenir ma main

Il fallait juste tenir ma main

Cette fois j’arrête de courir les yeux fermés. Je reprends mon souffle, mon calme, et je me retourne pour regarder tout ce(ux) que j’ai l’aissé(s) derrière moi. Lire la suite « Il fallait juste tenir ma main »

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Toutes les fins ont un début

Toutes les fins ont un début

J’essaie de comprendre. Quand le cœur va mal, le cerveau prend le dessus. J’aimerais tellement ne pas être seule à essayer de démêler mes idées. Mais #ils sont déjà partis. #Ils se sont déjà retournés, persuadés que comme d’habitude, j’arriverai à me relever toute seule. Alors je fais les questions et les réponses en attendant de pouvoir poser une main à terre ; en attendant que mes bras puissent redresser mon buste ; en attendant que mes jambes puissent me porter de nouveau, que mes pieds s’ancrent dans le sol et que je relève enfin la tête. Pas une seule de leurs mains ne m’aidera. Aucun regard ni aucune parole réconfortante n’encourageront mes efforts. Debout, si j’y arrive. Mais seule.

#Lui est mon centre, mon tout. Le seul à qui j’ose dire je t’aime. Celui dont j’attends tellement : qu’il me fasse grandir, qu’il me répare, qu’il me protège, qu’il me pousse en avant, qu’il soit là, toujours, qu’il me pardonne, toujours, qu’il me fasse confiance. Parce que c’est ça, aimer… Mais je ne sais pas faire en sorte d’être aimée comme ça. Je suis protéiforme, j’évolue sans cesse, trop vite. Labile, je tombe et me relève, je disparais et je renais. Je suis difficile à suivre. Je l’essouffle, je crois. Il court derrière moi avec au ventre la peur de me perdre de vue. Pas assez patiente, pas assez reconnaissante, pas assez rassurante. Je nuis quand je veux combler.

#lui est celui dont je n’attendais rien. Parce qu’il était loin, parce qu’il était un parmi d’autres. Parce que je l’avais décidé. Mais il y a eu cette compatibilité immédiate, cette impression de briller, ces chemins de traverse explorés ensemble, ces souvenirs communs qui tissaient une histoire. Un lien que tu crois réciproque. Et puis tout à coup, les paillettes qui retombent, et derrière, le gris. Je lui ai dit que j’avais la sensation que je ne l’intéressais plus. Il n’a pas nié. Je lui ai dit que d’autres étaient en train de passer devant moi. Il n’a pas nié. Je lui ai dit que j’étais devenue « n’importe laquelle ». Il n’a pas nié. Je lui ai dit que je n’allais certainement même pas lui manquer… Il n’a pas jugé utile de me prouver le contraire. Briller. S’éteindre. C’est tout.

Je ne sais pas faire en sorte d’être aimée, à long ou à court terme. La petite fille n’a jamais assez plu. La femme n’a pas fait mieux. Quand je me sentais belle, admirée, désirée, au fond j’ai toujours pensé que c’était « pour de faux ». Un rôle. Un déguisement. Mais là où je suis, je me sens à ma vraie place. Peut-être parce que c’est celle qu’on m’a apprise, peut-être parce que c’est celle où on finit toujours par me renvoyer, en tous cas c’est la mienne. Dans l’ombre. Seule. Accessoire. Négligeable. Voilà ce qu’on me montre. Voilà ce que je suis.