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Merci à @Popinsetcris pour ce retour vers mes premières amours…
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Dans l’ombre de la tentation

Dans l’ombre de la tentation

Les connexions intellectuelles sont rares sur le site, l’expérience nous apprend à en faire le deuil rapidement et d’en saisir les bribes quand celles ci se présentent. La démarche libertine apparaît bien souvent dans un jeu de clair obscur ou les intentions révélées trop rapidement altèrent la mécanique du désir pour se contenter de la seule chair… Je trouve dans les mots de cette femme, une finesse de lecture de la psyché masculine rarement éprouvée, jamais arrogante dans les possibles contradictions de mes dires et respectueuse du lien ainsi constitué. Il me semble clair qu’elle n’est point atteinte du syndrome de la princesse, qui affecte tant de femmes et nuit tant aux relations sincères, obligeant chacun à se mouler dans des postures inauthentiques et aliénantes. Les premiers écrits échangées témoignaient d’une intelligence, d’un goût des mots et d’un amour des relations autres… Comment, de mon point de vue, ne pas apprécier la direction et la saveur d’une rencontre qui prendrait le temps, qui respirerait la personne avant de s’y plonger de la plus charnelle des façons.
La composition d’une manière de se rencontrer autre, originale et légèrement contrainte dans la forme, excitait mon âme, demandait une assise complètement inédite et une posture sensuelle enfin non consommatoire… Cette femme comprenait mon exigence, la devançait même en émettant des propositions qui ne faisait que renforcer le désir d’elle… Le noir total, le silence potentiel, les prémisses d’une danse érotique qui satisfait mes appétits de retenue et de domination de mes pulsions, summum érotique si peu rencontré…

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#Lui

#Lui

Je ne suis pas toujours très prolixe. Je suis maladroite, aussi, dans mes manières. Je suis compliquée, tourmentée, torturée parfois, derrière mon sourire de façade. Toi tu me connais en vrai. Et qui peut en dire autant ? Il n’y a que toi.

Malgré mon passé, mes racines piétinées, tu as fait refleurir mon présent et as pointé l’arc-en-ciel quand je ne voyais que les nuages. Devant toi je baisse les armes, je te donne tout : mes rires, mes larmes, mes fiertés, mes erreurs, ma force, mes brèches, mon corps et mon âme. Avec toi j’ose être heureuse : tu m’as montré que j’en avais le droit. Devant toi j’ose me tromper : tu m’as montré que tu m’aimerais quand même. Avec toi je n’ai pas peur : tu m’as montré que tu ne lâcherais jamais ma main.

Mon pilier, mon piédestal, sans toi je ne tiens pas debout.

Mon tout. Sans toi je ne suis plus rien.

Mon cœur est rempli de toi.

Je te crie que je t’aime, je te crie que c’est toi. Entends-moi. Ecoute-moi. Crois-moi. Ne l’oublie pas. Reste à côté de moi.

Là où je t’emmènerai… (suite)

Là où je t’emmènerai… (suite)

tJe l’ai retrouvé devant les barreaux, près de cette pièce où la réalité frôle le fantasmagorique, celle-là même où je m’étais demandé si tout cela était tangible ou si j’étais dans une autre dimension. Voyeur assumé.

« – Est-ce bien professionnel de se trouver là ? Je ne suis pas vraiment habituée de ce genre d’endroit, mais je me faisais une autre image du serveur…

– Il faut se méfier des stéréotypes. »

Ce sont les seuls mots que nous nous échangeâmes avant qu’il ne m’embrasse avec une gourmandise et une ardeur qui là encore, ne manquèrent pas de me surprendre. Il était très grand, si bien que même avec mes talons je dus me mettre sur la pointe des pieds pour atteindre ses lèvres. Athlétique, les épaules larges, ses bras puissants m’entouraient fermement et j’adorais ça. Il continua dans le registre de l’employé qui avait peur de se faire prendre en faute : « Je ne devrais pas faire ça« , « Il ne faut pas que je m’absente trop longtemps du bar, j’aurais des ennuis« , mais qui n’arrivait pas à réprimer ses instincts « hmm…ces lèvres… » et « attends-moi dans le petit recoin au bout du couloir, j’arrive« … Sans doute ce jeu l’excitait-il, ou bien c’est moi qu’il pensait troubler. Mais ça n’était pas l’interdit qui m’exaltait : c’était le fantasme de l’adolescente, celle qui regarde timidement le grand sportif, l’étudiant de dernière année ou le charmant guitariste en étant persuadée qu’ils ne pourraient jamais s’intéresser à elle…tout en se faisant un défi personnel d’obtenir leur sourire, puis leur numéro.

Je t’ai retrouvé sur une banquette. Tu avais vu passer le serveur et tu me voyais revenir « bredouille » : « Alors ?… » m’as-tu demandé avec curiosité. Je t’expliquai qu’il m’avait demandé de l’attendre, ce qui sembla t’amuser sans te surprendre. « Vas-y, et ensuite on rentre. J’ai envie de toi… Je te prendrai debout dans l’entrée pendant que tu me raconteras ce qu’il t’aura fait. » Ton baiser fut tout aussi brûlant que l’était mon corps à ce moment-là, et tes paroles me grisèrent.

Il m’a rejoint quelques minutes après. Alors que j’entreprenais de défaire sa ceinture, il m’a stoppée net en me disant que c’est lui qui allait s’occuper de moi. Il m’a assise sur un tout petit tabouret de velours mauve et appuyée contre le mur, je me suis abandonnée aux assauts de sa langue, de ses lèvres et de ses doigts sur mon sexe déjà trempé. Je le regardais avec un sentiment de victoire et je buvais ses paroles, douces et provocantes, qui m’ont certainement amenée vers le septième ciel tout autant que ses gestes.

Tu m’as aidée à retrouver mes vêtements et à me rhabiller. J’avais presque oublié que j’étais restée presque nue, totalement impudique et disponible à tous les regards et à toutes les peaux. Sentiment étrange… Nous avons remonté le fameux escalier et tu as appelé un taxi pendant que je demandais un stylo pour écrire un petit mot à ce délicieux serveur, qui ne s’était défait de moi que lorsque je lui eut assuré qu’il aurait mon numéro. Dans la voiture, nous n’avons pas échangé un mot. Tu as mis ta main sur ma cuisse, remontant jusqu’à la dentelle de mes bas. J’ai souri à cette vision. Pour la première fois de ma vie j’avais joué corps et âme le rôle de la « fatale », celle qui séduit ceux sur qui son regard s’arrête, décadente, insatiable, et j’y avais cru jusqu’à y trouver une part en moi. Cette femme que je n’avais jamais osé être avant ça s’était inscrite quelque part dans mon ADN, définitivement. Une savoureuse victoire sur moi-même dont je me délectais.

Nous avons monté les six étages à pieds jusque chez moi, tes mains sous ma robe, mon esprit dans le vague. J’ai ouvert la porte et comme tu me l’avais dit, tu m’as prise là, en me susurrant à l’oreille des paroles impudiques et obscènes alors que je te racontais les mauvaises manières du serveur et ce que je comptais lui réserver, quand il me rejoindrait tout à l’heure…

J’ai eu d’autres occasions de raconter toutes les femmes que je suis devenue avec toi, et j’en aurai encore. Tu me diras que tu n’y es pour rien, que j’ai fait ça toute seule. Sauf qu’avant toi elles m’étaient inaccessibles. Tu avais cette magie que je ne m’explique pas… Je ne saurai jamais vraiment ce que je t’ai laissé, moi, mais j’ai eu une partie de réponse ce soir là : « Ta silhouette en porte-jarretelles, dans ce club, ta sensualité…c’est une image que je ne risque pas d’oublier.« 

Là où je t’emmènerai…

Là où je t’emmènerai…

Il n’y a qu’à toi que je pouvais dire oui. Cet endroit en effet m’intimidait. Je n’aimais pas l’idée de me sentir épiée, suivie par des regards concupiscents, au centre de l’attention. M’offrir aux premiers yeux venus sans mystère, sans barrière. Accessible. Mais tu connaissais l’endroit. Tu me connaissais moi, et j’avais confiance en toi. Je me voyais briller dans tes pupilles : belle, désirable, désirée. Alors si tu tenais ma main…

J’ai cherché toute la journée la robe parfaite, pour ne pas te décevoir. Pour être belle, j’ai fait passer des mains expertes dans mes cheveux et sur mon visage, j’ai paré ma peau de ma plus fine lingerie, de ces bas que tu aimes tant, et choisi mes talons les plus hauts. J’aurais pu être une vraie femme fatale si j’avais pu aussi grimer mon âme.

La grande porte noire s’est ouverte et nous sommes entrés dans ce hall à l’ambiance tamisée. J’ai voulu que tu ne lâches pas ma main quand nous avons descendu l’escalier et les bonbons en bas n’ont pas suffi à me rassurer. La lumière à la fois sombre et chaude m’a entourée d’un voile de relative discrétion et nous avons ainsi fait le tour des lieux, que tu semblais connaître par cœur. Au bar, tu as commandé pour moi un alcool fort. J’avais besoin d’anesthésier ma raison. Tu t’es installé contre moi et nous avons observé ces gens qui peut-être tout à l’heure poseraient leurs mains sur nous. Tu semblais tout savoir d’eux rien qu’à regarder leur allure et leur tenue : les habitués et les visiteurs occasionnels, les couples officiels et les moins légitimes, les professionnelles et les faire-valoir… Je me trouvais d’une banalité sans nom au milieu d’eux. Mais le rhum faisait son effet et je commençais à m’amuser de ce ballet rouge et noir étrange et feutré.

Tu as caressé l’intérieur de ma cuisse et tu m’as demandé comment je me sentais. Tu avais envie de moi au milieu de tous ces autres, mais nous serions partis sur le champ si tu avais lu le moindre malaise dans mes yeux. Ton désir soufflait sur les braises de mon audace et je t’ai souri. Alors tu as repris ma main et nous nous sommes dirigés au fond du couloir. Derrière les barreaux, je me souviens encore de chacune de mes sensations : toi dans mon dos, contre mes fesses, tes mains sur mes bras et tes lèvres dans mon cou ; autour de nous des soupirs et des râles ; sous mes yeux des corps comme des ombres emmêlées et cette impression d’avoir quitté mon corps pour un instant, spectatrice d’une scène irréelle et pourtant si concrète. Tu m’as dit : « Viens… » et j’ai marché devant toi, pénétrant cette pièce comme on entrerait sur une scène pour devenir quelqu’un d’autre.

Tu m’as entourée de tes bras et de tes baisers et doucement, tu as fait glisser ma robe. Je me suis allongée sur ce matelas dont la froideur et la rigidité tranchaient nettement avec la souplesse et l’ardeur des corps alanguis autour de nous. J’ai senti le poids de ton corps sur le mien, ta fougue et ton désir, et j’ai fermé les yeux. Une main qui n’était pas la tienne a caressé ma cuisse à la lisière de mes bas, puis une autre mon sein droit. Une autre encore passa dans mes cheveux. Une femme se serrait contre moi. J’ai ouvert les yeux et je l’ai vue caresser ton dos… Sentiment étrange… Tu as posé tes lèvres sur ses tétons et elle m’a embrassée. Un peu fébrile encore j’ai fermé les yeux, de nouveau. J’étais mieux ainsi, à l’intérieur de moi.

J’ai oublié les détails, ensuite : je ne me souviens que des mains sur moi, nombreuses, ton sexe dans ma bouche pendant qu’un autre, que je ne verrais jamais, me pénétrait et de t’avoir laissé jouer avec d’autres corps pendant qu’un homme dégustait avidement mon sexe appuyé sur son visage en insistant pour que je le regarde dans les yeux…

Quand je me suis levée juchée sur mes talons  je n’avais plus sur moi que mes bas et mon porte-jarretelles. Tu n’étais plus là… Je t’ai cherché dans les alcôves et je t’ai retrouvé au bar, en pleine conversation avec une jolie blonde esseulée. Dans mon costume de brune incendiaire et sexy, je me suis installée à l’autre bout pour vous laisser parler et commander un autre verre. Cambrée, mes doigts caressant mon verre et mes lèvres jouant avec la paille, je me suis demandée si tu m’avais vue… J’ai soudain senti une main effleurer mes fesses. Médusée par réflexe, je me suis retournée pour apercevoir le sourire complice de l’un des serveurs. Dans mon esprit candide, ils étaient choisis pour leur professionnalisme et leur contrat devait stipuler qu’on ne touche pas aux client(e)s. Il était séduisant. Très séduisant. Complètement dans mon rôle, presque sûre de moi, je l’ai suivi pour lui rendre la pareille et…le réprimander gentiment, lui faisant comprendre qu’il ferait mieux de me laisser tranquille, ou d’aller au bout de son intention… Il m’a assurée qu’il n’en avait pas le droit et qu’il aurait de gros ennuis s’il se laissait aller à une telle faiblesse. Cet endroit était décidément un véritable théâtre.

On s’est rejoints dans le corridor. Tu m’as prise dans tes bras et tu m’as embrassée, caressant mes fesses nues. On s’est assis sur la banquette et je t’ai raconté l’effronterie du serveur. Tu m’as demandé si je voulais partir. Je t’ai répondu que je n’en avais pas fini avec lui. Tu m’as souri, amusé de me voir tout à coup comme un poisson dans l’eau, et tu m’as dit : « Vas-y, rejoins-le« .