Ça n’est pas toi

Ça n’est pas toi

Je suis en cage dans ma mélancolie et on ne m’a pas laissé la clé. Toi tu as tant de fois essayé de la trouver, forcé la serrure, même secoué la cage. Mais elle ne s’ouvre que de l’intérieur, ne le vois-tu pas ?

Si j’ai l’air malheureuse, si mon sourire se fâne, si mes yeux se figent sur le vide…mon vague à l’âme, ça n’est pas toi.

Si mes envies me quittent, si je me traîne sur des occupations insipides, si je ne me sens plus bonne à rien, ça n’est pas toi.

Si je ne vois plus le beau autour de moi, si les nuances de gris ont remplacé les couleurs, si les instants se succèdent en fondus enchaînés, ça n’est pas toi.

Si je n’entends plus les rires d’enfants, la musique, les mots doux. Si je fais du silence mon refuge, ça n’est pas toi.

Si je ne trouve plus le bonheur à chaque coin de rue, si je ne l’attends plus. Si le verre pour moi n’est plus qu’à moitié vide, ça n’est pas toi.

Si je me tourne vers d’autres yeux, si je me donne à d’autres mains, si j’embrasse d’autres lèvres et griffe d’autres peaux, ça n’est pas toi.

Toi, tu m’aimes malgré la cage et fais briller le monde autour d’elle. Tu rends mes barreaux doux et fais pousser des fleurs autour. Tu m’entoures, tu me réchauffes. Tu ne me perds jamais de vue et tu accoures si je trébuche. Aucun autre n’est capable de ça. Aucun autre. Ça, c’est toi.

 

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Cendres

Cendres

D’aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours sentie seule. Je n’utilise pas cette expression pour signifier que je me suis toujours sentie « abandonnée », non. Ce que je veux dire plutôt, c’est que je n’ai jamais vraiment pu compter sur quelqu’un d’autre de manière aussi certaine que sur moi-même. Et pourtant… J’ai été une enfant. Les enfants s’en remettent à leurs parents. Quand donc cette assurance m’a-t-elle abandonnée ?… Lire la suite « Cendres »

Les hommes que j’aime

Les hommes que j’aime

Les hommes que j’aime sont entiers. Ce ne sont pas des moitiés d’hommes qui cherchent à se compléter. Il ne leur manque rien. Les hommes que j’aime ont une quête. Ils suivent une étoile comme disait la chanson, peut importe laquelle, mais haute, très haute. Les hommes que j’aime sont vivants, enthousiastes, fougueux, ou contemplatifs. Ils s’imprègnent de ce qui les entoure et s’en nourrissent avidement. Les hommes que j’aime pensent et agissent. Ils ne se contentent pas de l’un ou de l’autre. Ils sont cohérents. Les hommes que j’aime sont généreux. Ils n’ont pas peur des mots ni des idées, ils les offrent volontiers et savent être reconnaissants à qui sait les recevoir. Les hommes que j’aime ont des yeux pour me regarder, mais aussi pour lire. Ils ont un esprit pour raisonner, mais aussi pour imaginer. Ils ont des mains pour prendre, mais aussi pour donner. Les hommes que j’aime sont attentifs et attentionnés. Ils perçoivent d’un coup d’œil et comprennent à demis mots. Les hommes que j’aime sont douceur et caresses tout autant que fermes et sauvages. Les hommes que j’aime ne lâchent pas ma main. Ils sont solides et fiables. Ils ne font pas semblant. Les hommes que j’aime savent m’emmener là où je n’ose pas, là où je ne vais pas. Juste avec leur confiance. Les hommes que j’aime ont des failles. Ils sont forts mais vulnérables. Ils ont marché comme ils ont pu sur des sentiers escarpés, ils saignent mais ils sont debout.

Je ne les reconnais pas toujours au premier coup d’œil, mais ce sont les seuls qui restent. Malgré le mur, et malgré le temps.

Toutes les fins ont un début

Toutes les fins ont un début

J’essaie de comprendre. Quand le cœur va mal, le cerveau prend le dessus. J’aimerais tellement ne pas être seule à essayer de démêler mes idées. Mais #ils sont déjà partis. #Ils se sont déjà retournés, persuadés que comme d’habitude, j’arriverai à me relever toute seule. Alors je fais les questions et les réponses en attendant de pouvoir poser une main à terre ; en attendant que mes bras puissent redresser mon buste ; en attendant que mes jambes puissent me porter de nouveau, que mes pieds s’ancrent dans le sol et que je relève enfin la tête. Pas une seule de leurs mains ne m’aidera. Aucun regard ni aucune parole réconfortante n’encourageront mes efforts. Debout, si j’y arrive. Mais seule.

#Lui est mon centre, mon tout. Le seul à qui j’ose dire je t’aime. Celui dont j’attends tellement : qu’il me fasse grandir, qu’il me répare, qu’il me protège, qu’il me pousse en avant, qu’il soit là, toujours, qu’il me pardonne, toujours, qu’il me fasse confiance. Parce que c’est ça, aimer… Mais je ne sais pas faire en sorte d’être aimée comme ça. Je suis protéiforme, j’évolue sans cesse, trop vite. Labile, je tombe et me relève, je disparais et je renais. Je suis difficile à suivre. Je l’essouffle, je crois. Il court derrière moi avec au ventre la peur de me perdre de vue. Pas assez patiente, pas assez reconnaissante, pas assez rassurante. Je nuis quand je veux combler.

#lui est celui dont je n’attendais rien. Parce qu’il était loin, parce qu’il était un parmi d’autres. Parce que je l’avais décidé. Mais il y a eu cette compatibilité immédiate, cette impression de briller, ces chemins de traverse explorés ensemble, ces souvenirs communs qui tissaient une histoire. Un lien que tu crois réciproque. Et puis tout à coup, les paillettes qui retombent, et derrière, le gris. Je lui ai dit que j’avais la sensation que je ne l’intéressais plus. Il n’a pas nié. Je lui ai dit que d’autres étaient en train de passer devant moi. Il n’a pas nié. Je lui ai dit que j’étais devenue « n’importe laquelle ». Il n’a pas nié. Je lui ai dit que je n’allais certainement même pas lui manquer… Il n’a pas jugé utile de me prouver le contraire. Briller. S’éteindre. C’est tout.

Je ne sais pas faire en sorte d’être aimée, à long ou à court terme. La petite fille n’a jamais assez plu. La femme n’a pas fait mieux. Quand je me sentais belle, admirée, désirée, au fond j’ai toujours pensé que c’était « pour de faux ». Un rôle. Un déguisement. Mais là où je suis, je me sens à ma vraie place. Peut-être parce que c’est celle qu’on m’a apprise, peut-être parce que c’est celle où on finit toujours par me renvoyer, en tous cas c’est la mienne. Dans l’ombre. Seule. Accessoire. Négligeable. Voilà ce qu’on me montre. Voilà ce que je suis.

 

 

Face à face

Face à face

Ainsi donc, je me regarde… A la manière des pointillistes et trait pour trait.

Je vais te dévoiler ce que je vois. Tu ne seras pas d’accord sur tout, parce que ton filtre n’est pas le mien et parce que je ne suis pas face à toi comme face à ce miroir. Je ne sais pas vraiment pourquoi je fais ça. Égocentrisme ou fragilité, comme toujours cher lecteur, je te laisse ta part.

Longtemps dans ce reflet, j’ai vu une petite fille en pleurs, recroquevillée et implorante. En arrière-plan un grenier, des malles et des sacs fermés, poussiéreux et mal rangés. Il a fallu tout ouvrir, tout trier et tout réorganiser. Je l’ai laissée faire. Il fallait qu’elle y arrive seule. Aujourd’hui je retrouve dans ce grenier une femme au visage impassible : la petite fille a grandi, et moi j’ai l’impression d’avoir mené une guerre. Il n’y a plus grand chose autour de moi. Tout est peut-être trop bien rangé, enfoui… Cette femme dans cette pièce n’a donc pas grand intérêt, si ce n’est par ses victoires que vous ne voyez pas. Ce sont elles qui me tiennent encore debout, mais j’ai perdu beaucoup dans mes batailles… 

Je vois des yeux qui brillent encore, un sourire empli de tout le bon qui me reste, et j’y perçois ce qui demeure de la fillette qui était là. La femme s’en sert, car elle veut plaire. Elle s’est affinée, dessinée, sa silhouette est plus aboutie et les vêtements qu’elle choisit cachent ce qu’il faut. Ses chaussures la grandissent encore, la petite fille prend sa revanche. A elles deux elles savent séduire, chacune avec ses atouts. Le mélange est efficace.

Elle a fait ses preuves à force d’expériences. Son intuition la guide toujours mais elle sait ce qui fonctionne et ce qui ne marche pas. Elle sait donner, elle a su aider, parfois guérir. Elle connait ses pouvoirs et en use sans en abuser. Elle aime être celle qui apporte, celle qui panse, l’agréable, la légère, la douce brise après un été trop chaud. Mais elle est vide de ne pas parvenir à recevoir. Ce qu’on lui offre reste devant les murs : elle le soupèse, le scrute, l’analyse, pour n’en prendre qu’une petite goutte, quand elle en garde quelque chose. Et pourtant, qu’est-ce qu’elle aimerait qu’on lui jette de force dans les bras et qu’on ne la quitte plus jusqu’à ce qu’elle ait tout pris… Un seul homme a su faire ça. Mais tu sais quoi ? Ça ne lui suffit pas… Mon verre est ébréché, fendu, j’aurai toujours soif.

Elle est illégitime, enfin, parce que c’est tout ce qu’on lui a montré. Pétrie de doutes, coupable d’être ce qu’elle est, ne pouvant prétendre à briller, insignifiante. Sa place n’est pas au premier rang, elle s’efface devant celles qui scintillent. Pourtant elle trouve son bonheur quand même, humblement. Petitement et sans bruit elle savoure le peu qu’elle reçoit. Mais jamais vous ne l’entendrez réclamer : quand elle se sentira lésée, elle partira sans laisser de traces.

Je t’avais dit que tu ne serais pas d’accord sur tout. Mais si tu me disais comment toi, tu me vois, peut-être que je pourrais y croire ?…

A @ChaLadybug et @Butterflyseyes1 qui se sont trouvées elles-aussi devant le même miroir.

 

Fille facile

Fille facile

Les relations dites « illégitimes » ne sont pas un long fleuve tranquille. Les stéréotypes auront à voir avec les raisons de ces tumultes : les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches ; les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées. Musset avait raison. Nous sommes des êtres fragiles.

Cette fragilité est admise par tous. Elle excuse nombres de comportements excessifs et souvent, renforce même les liens. Une femme fragile est une femme dont les hommes aiment prendre soin. Elle peut être jalouse, et l’amant flatté s’attachera d’autant plus. Elle peut être fuyante, voire inaccessible, ce qui la rendra terriblement attirante. Elle peut être instable et il aura envie de la rassurer. L’excessive est admirée pour son caractère fort. L’impulsive est pardonnée car tellement pleine de surprises ! La difficile est adulée parce qu’elle semble hors du commun. Les hommes ont besoin de sensations fortes. Ils ont pour ces femmes-là les mots les plus vibrants et les intentions les plus folles.

Mais toi, tu es solide… Indépendante, constante. Tu es compréhensive, toujours partante, curieuse, audacieuse, accessible et gentille. Toi tu ne fais pas trop de bruit. Tu es là quand on le souhaite et tu t’éclipses quand il faut. On t’espère…mais quand tu es là, on te voit à peine.

Cette femme-là ne retient pas. Pas de suspens. Pas de peur. Et les hommes ont besoin de sensations fortes…

La fille facile c’est du miel : doux et délicieux, mais pas essentiel. On s’en passe et ça ne manque pas. Paradoxe injuste et implacable. Elle qui laisse son cœur sur sa peau (là où les hommes posent leurs mains) et qui s’est tant abîmée, à devenir si forte.