Quand #il écrit sur moi

Quand #il écrit sur moi

Arrimée à son propre port, elle est cachée

Noyant les prétendants, sur le pont éprouvés

Guère émue par les sanglots mâles, sourde

Encore abîmée d’un marin du passé,

Prise dans l’étau de ses maux, elle pointe

Du doigt les élus d’un temps qu’elle régente

Offrant jusqu’à la porte du cœur, calfeutré

La promesse d’une félicité cadencée.

Le fruit défendu demeure sous le verre

Qu’on ne boit jamais trop, l’ivresse inconsciente ;

D’une maladresse le rempart fêlé, et

La pomme croquée, vulnérable d’un autre.

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Le dessert

Le dessert

Tu m’avais préparé quelque chose, pour ce soir. Tu ne m’avais pas dit quoi. Tu voulais me savoir nerveuse, fébrile. Tu m’as dit de venir prendre un verre après ton travail -pour commencer- et je t’ai rejoins à l’endroit habituel. Tu voulais voir comment je m’étais habillée, apprêtée pour toi. J’avais mis ma robe rose, celle qui sent bon l’été et l’amour dans les champs. J’aime te voir me déshabiller rien qu’avec les yeux, et chercher à savoir ce que cachent mes tenues. Pas de bas cette fois-ci. Pas de porte-jarretelles non plus, de fait ; mais des talons vertigineux, une robe suffisamment courte pour allonger encore mes jambes, un décolleté dans lequel tu plonges déjà et mon sourire gourmand malgré l’incertitude.

Bien sûr, tu as gagné. Bien sûr, je suis fébrile. Mais ardente, aussi : tu sais à quel point j’aime jouer. Je te questionne, je te harcèle de questions. Je te menace avec les armes dérisoires qui sont les miennes. Je te fais rire, mais tu ne dis rien. Tu me commandes un deuxième verre et me laisses là. Tu as quelque chose à faire, dis-tu… Tu me donnes l’adresse à laquelle je devrai te rejoindre d’ici trente minutes. J’ai le temps de chercher l’itinéraire, de m’apercevoir avec surprise qu’il s’agit d’un restaurant, que je pourrai y aller à pieds et que j’ai même le temps de boire un autre verre…pour me donner du courage.

J’y suis. Curieuse. J’ai hâte. Je me dis qu’il ne pourra rien se passer ici, encore, et que tu veux me faire languir, encore. Je me dis que je me vengerai plus tard, en jouant de ta patience moi aussi. J’ai envie de te rendre fou, comme je suis folle, déjà, devant cette page blanche. Je te vois, et dans ma précipitation à te rejoindre à ta table, je ne remarque pas que tu n’y es pas seul. Un homme t’accompagne. Vous vous levez tous les deux à mon arrivée, il me salue élégamment et tu fixes ton regard dans le mien, sourire en coin. Tu as l’air arrogant, fier de toi. Je suis surprise, tu as gagné. Encore.

Je me place en face de lui et tu t’installes à ma gauche. Tu poses une main sur ma cuisse comme pour me dire « fais-moi confiance ». Il s’appelle J., la cinquantaine sportive, de l’allure. Beaucoup trop d’assurance à mon goût. Il me regarde comme s’il n’avait absolument aucun doute sur le fait que je serai son dessert. Je n’aime pas ses manières. Je suis sur la défensive. Je ne lui ferai pas le cadeau de penser que ce sera facile. Je te regarde et mon sourire franc s’est mué en sourire poli. Tu sens que je ne vais pas me laisser faire, que je suis redevenue sauvage, mais on dirait que ça te plaît. Le repas se déroule (trop) sagement. J. nous raconte ses frasques tel un aventurier revenu de tout. Après le plat principal, au milieu de ces banalités que nous échangeons l’air de rien, je lance :

« – Donc vous avez imaginé que je serai votre dessert à tous les deux, ce soir ? »

– On n’a rien imaginé…réponds-tu.

– Mais si ! interviens J. Moi j’ai imaginé un tas de choses ! C. m’a dit beaucoup de bien de toi. Que tu étais une joueuse d’exception, pleine d’audace. Je suis venu vérifier par moi-même si tous ces compliments étaient vraiment mérités.

– Encore faudrait-il que tu en aies l’occasion.

– Tu es déjà en train de me la donner en étant assise en face de moi. Tu m’observes depuis tout à l’heure, et je vois ton œil qui pétille et ce sourire que tu retiens mais qui me dit que la situation t’amuse déjà. »

Il n’a pas tort. Le fait est qu’il ne manque pas de charme… Je me demande encore comment C. l’a contacté et depuis quand ils se connaissent. Ils ont l’air très complices. L’alcool m’enhardit et je veux savoir jusqu’où va l’assurance de J.

« – Tu parles comme si tu savais tout et obtenais toujours tout ce que tu veux. Tu fais vraiment ton âge…

– Attention à toi, ne deviens pas insolente ou je pourrai perdre de ma délicatesse, répond-il avec une douce ironie.

– Et là je dois baisser les yeux je suppose ? dis-je, espiègle, en soutenant son regard.

– Enlève ta culotte.

J’éclate d’un rire sonore. Il se penche vers moi et continue, plus bas :

– Ça n’est pas une option. Tu vas enlever ta culotte ici, maintenant. Et tu vas la déposer à côté de mon verre. »

Je souris et le regarde avec défiance. Je fais semblant d’hésiter. Toi tu jubiles, je le sais. Tu ne dis rien mais tu savoures. Tu aimes ma malice et sa façon de me répondre. Alors je m’exécute, difficilement, me contorsionnant sur ce banc pour lever ma robe suffisamment haut et attraper l’élastique de ma culotte, la tirant vers le bas. Je la fais glisser le long de mes cuisses, lentement, pour que tu puisses profiter du spectacle. Elle tombe sur mes chevilles et du bout de mes escarpins, passe au bout de mes doigts. Je la chiffonne pour qu’elle tienne discrètement dans mon poing. De mon autre main j’attrape la tienne, je l’ouvre et je l’y dépose, regardant J. avec audace. J’annonce alors, sourire aux lèvres :

-Ma culotte est à lui. Et je garde la main.

J. éclate de rire à son tour, et je me sens comme une petite fille qui vient de faire son numéro et qu’on regarde, attendris. Décidément, cet homme a le don de m’agacer prodigieusement. Tu glisses la dentelle dans ta poche et tu me regardes, satisfait. Tu as envie de moi. Le serveur arrive avec nos desserts mais je ne perds pas mon élan.

-Bon…puisque je n’ai plus rien sous ma robe, autant en profiter.

Je glisse alors sous ma langue, un à un, les doigts de ma main gauche, puis ma main sous la table. Tu es le spectateur privilégié de mes cuisses qui s’écartent autant que ma robe le permette et de ma main qui vient s’y perdre et disparaît. Tu ne t’attendais pas à ça et ça t’excite. J. ne fait que deviner mes gestes mais il a compris mon manège. Je sens encore dans son regard ce je-ne-sais-quoi de blasé, l’air de celui qui a tout vu, qui ne sera jamais surpris. Mon index et mon majeur pénètrent profondément dans mon sexe trempé. Je ne dis plus rien, vous vous efforcez de faire la conversation pendant que mes hanches s’agitent sur mes doigts et que nous entamons tous les trois notre dessert. Je prétexte alors l’envie de te faire goûter le mien, approche ma cuillère de ta bouche, mais ce sont mes doigts que je te donne à lécher. Ceux-là mêmes qui étaient à l’instant entre mes cuisses. Ça te rend dingue, je le sais, je le vois, et je me tourne tout de suite vers ton invité qui a abandonné son air revenu de tout et dont le regard brille enfin. Ma main replonge aussitôt alors que je ne le quitte pas des yeux. Je mordille ma lèvre inférieure et savoure mon dessert et ma victoire.

-« Tu aimerais goûter, toi-aussi… »

Sans lui laisser le temps de répondre, je lui tends mes doigts qu’il engloutit avec appétit, retenant ma main avec cette même fermeté dont il fera preuve, quelques instants plus tard…

(à suivre)

Les mots

Les mots

Les mots permettent tout. D’inventer, de s’évader, de vivre, de revivre, ces moments avec #eux, ivres, où la magie se dispute au bonheur de jouir.

Les mots permettent tout. D’exprimer, d’avouer, de dire. Libérer l’intérieur, ce qu’on a au bout de la langue et sur le cœur. Ils savent ne pas mentir.

Les mots permettent tout. De troubler, de séduire, d’en jouer et de s’en jouer. Ils évoquent, ils suggèrent, ils implicitent. Ils allument et excitent l’étincelle dans les pensées de ceux qui ont envie de s’embraser.

…Quand je me les permets, les mots disent mes secrets. Ils sont impudiques, ils exagèrent, ils me dépassent. Ils paradent et paradoxent. Ils disent la peur et le désir. L’élan et le frein. Le oui et le mais. Ils disent malgré moi ce qui ne se dit pas.

Les mots permettent tout…quand on les reçoit.

Pioche

Pioche

J’ai de l’affection pour toi. Je t’apprécie. Je suis attachée à toi. Je te désire. Je t’adore. Tu me transportes. Je brûle pour toi. J’ai envie de toi. Je raffole de toi. Je te réclame. Je te savoure. Je te chéris. Je tiens à toi. Je suis pincée. Je suis chipée. Je suis amourachée. Je suis mordue. Je suis éprise. Tu me plais. J’ai le béguin. J’ai le coup de cœur. J’ai le coup de foudre. Je suis folle de toi. Je suis transie. Je t’ai dans la peau. J’ai besoin de toi.

Comment ça, je n’ai pas abattu toutes mes cartes ?…