Dernier cri.

Dernier cri.

Huit ans. Cela fait huit ans que ma métamorphose a commencé. Huit ans d’essais et d’erreurs. Huit ans de chutes et de convalescences. Huit ans de réflexion et d’analyses. Huit ans de brouillon, de recherche. Me voilà au bout. J’ai rédigé ma conclusion mais les mots que j’ai choisi, ce ne sont rien que les miens. Qu’en feras-tu si je te les donne ? Y comprendras-tu quelque chose ? Les mélangeras-tu avec tes doutes, tes angoisses, tes certitudes, pour en faire un article parcellaire à charge comme c’est de plus en plus le cas quand je me livre ? Car ce qu’on donne n’est malheureusement pas toujours ce que l’autre reçoit.

On s’échine depuis la nuit des temps à définir le sentiment amoureux alors qu’il n’est défini que par les prismes que chacun lui applique. Les miens mettent l’Amour très haut et ne laissent donc que peu de place à tout ce qui se situe plus bas, même juste en-dessous. C’est triste pour ceux qui voudraient que je les aime amoureusement… Mais ça te place loin devant. Tu occupes tout l’espace. Mes « je t’aime », je ne peux les dire qu’à toi.

Et c’est parce que je t’aime toi, si fort et si haut, que j’essaie de toutes mes forces depuis ces huit années de faire comme tu voudrais. La mieux intentionnée de toutes mes erreurs… Car je ne trouve plus assez d’espace pour moi, à force. Et toi, tu t’es habitué à ce que malgré mes tempêtes, jamais je ne m’envole, à ce que les orages n’abîment jamais rien en apparence et à ce que la vie reprenne son cours normal malgré la grêle, les bourrasques, le brouillard épais et l’obscurité menaçante.

C’est vrai, tu m’as connue solide, robuste, à tout épreuve. Et c’est vrai que je suis toujours debout même si le manque, même si le vide, même si les coups, même si l’effroi… Tu n’as pas vu l’érosion. Tu ne m’as pas vue m’effriter, diminuer, pâlir. Regarde mieux. Arrête de croire. Regarde. Je suis fragile. Une sphère en sucre soufflé craquelée et qui tremble. Je ne suis pas comme toi, je ne suis pas sûre. Moi je trébuche, je me trompe, je suis totalement imparfaite, approximative et défectueuse. Pourtant j’essaie, j’expérimente, et c’est comme ça que j’apprends. C’est comme ça que j’avance. Et c’est précisément pour cette raison que je n’ai pas besoin qu’on me protège. Je revendique l’erreur et la fragilité.

Je sais ce dont j’ai besoin aujourd’hui. Je sais comment je veux qu’on m’aime et ça tient en une phrase : je veux qu’on sache être heureux pour moi. Je veux entendre des « oui, vas-y, fonce si ça te rend heureuse ! » et que ce soit sincère et enthousiaste, ni contraint ni forcé. Je ne veux plus qu’on me comprenne. Je veux qu’on me croie. J’ai besoin d’un partenaire, pas d’un père. Quelqu’un qui accompagne, pas quelqu’un qui protège. Quelqu’un qui ne sait pas mieux que moi mais qui reste à côté, qui observe et qui ne me tient la main que lorsque je la tend. J’ai besoin d’être libre d’être, même si c’est dans l’erreur. Je ne supporterai plus d’être soumise à ce que la vie, la norme, la société ou quoi que ce soit d’extérieur m’impose. Et si je me trompe, je veux qu’on me console. Pas qu’on me fasse la morale comme à une enfant.

J’aurais mis quarante années à devenir adulte.

#Lui

#Lui

Je ne suis pas toujours très prolixe. Je suis maladroite, aussi, dans mes manières. Je suis compliquée, tourmentée, torturée parfois, derrière mon sourire de façade. Toi tu me connais en vrai. Et qui peut en dire autant ? Il n’y a que toi.

Malgré mon passé, mes racines piétinées, tu as fait refleurir mon présent et as pointé l’arc-en-ciel quand je ne voyais que les nuages. Devant toi je baisse les armes, je te donne tout : mes rires, mes larmes, mes fiertés, mes erreurs, ma force, mes brèches, mon corps et mon âme. Avec toi j’ose être heureuse : tu m’as montré que j’en avais le droit. Devant toi j’ose me tromper : tu m’as montré que tu m’aimerais quand même. Avec toi je n’ai pas peur : tu m’as montré que tu ne lâcherais jamais ma main.

Mon pilier, mon piédestal, sans toi je ne tiens pas debout.

Mon tout. Sans toi je ne suis plus rien.

Mon cœur est rempli de toi.

Je te crie que je t’aime, je te crie que c’est toi. Entends-moi. Ecoute-moi. Crois-moi. Ne l’oublie pas. Reste à côté de moi.