Oui, mais…

Oui, mais…

Je t’aime oui, mais… je ne te questionne pas. Je t’aime oui, mais… je ne chercherai pas à comprendre. Je t’aime oui, mais… je juge que ce que tu demandes n’est pas légitime.

Je t’aime oui, mais… je garde un œil sur ce que tu regardes. Je t’aime oui, mais… montre-moi ce que tu lis. Je t’aime oui, mais… dis-moi où tu vas et avec qui. Je t’aime oui, mais… reste ici.

Je t’aime oui, mais… demande-moi avant. Je t’aime oui, mais… tu ne fais pas ce que tu veux. Je t’aime oui, mais… ne fais rien sans moi. Je t’aime oui, mais… on ne peut être heureux qu’ensemble.

Je t’aime oui, mais… je ne vais pas me remettre en question. Je t’aime oui, mais… est-ce que tu m’aimes vraiment, toi, pour me demander une chose pareille ? Je t’aime oui, mais… respecte-toi ! Je t’aime oui, mais… ma conception de l’amour ne changera pas.

Je t’aime oui, mais… attention, ça ne durera pas si tu persistes. Et si tu m’aimes vraiment, tu ne prendras pas ce risque.

 

 

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Rester dehors

Rester dehors

Au dehors…

Elle est vive. Enjouée. Souriante. Très souriante. Ses yeux pétillent, elle goûte la vie et s’abreuve de tous les bonheurs qu’elle lui offre. Elle est coquette, fait attention à ses vêtements, à ses chaussures, à son maquillage et à son vernis. Elle prend soin d’elle, de sa peau, de ses cheveux. Elle aime plaire et provoquer le regard et les sourires. Elle s’informe, se cultive. Elle bavarde et elle rit. Elle se connecte, elle a son réseau. Elle sort. Elle est sociable. Elle a des responsabilités qu’elle assume du mieux qu’elle peut. Elle tente de faire le bonheur de ceux qu’elle aime. Elle a cette force d’abandonner derrière elle tout ce qui ne lui plaît pas et d’ignorer les mots qui blessent. Elle est tantôt sérieuse, tantôt futile. Elle se respecte. Elle se connaît. Elle se maîtrise.Elle ne fait pas semblant. Elle prend ce qu’elle a, ce qu’on lui laisse, et construit son bonheur avec.

Au dedans…

Elle se raccroche aux branches. Elle sait qu’elle fait semblant : de dire que ça lui va, que cette forme de bonheur unique qu’on lui donne lui suffit. Elle est consciente que d’autres n’ont pas le quart de sa chance, alors elle obéit. Elle se restreint. Elle essaie de tirer sur ses chaînes, doucement, sans faire de bruit. Elle se sent épiée. Elle n’est jamais sereine. Jamais tranquille. Elle sait qu’elle fait du mal. Qu’elle en a fait, que peut-être elle en fera encore et ça la ronge. Elle fait des efforts. Beaucoup. Et ça l’épuise. Elle se fond dans la masse et passe inaperçue. Elle est sans fards, se dit qu’elle ne mérite pas d’être belle. Elle est terne. Invisible. Insignifiante. Elle avance tant bien que mal mais ne fait que tourner en rond. Elle se sent jugée, elle se sent coupable, et elle a mal. Mais elle ne crie pas. Ses yeux sont mouillés mais ses larmes ne coulent pas. Elle est incomplète. En partie brisée. On a laissé pour morte une partie d’elle-même. Cette partie gît là, juste à côté d’elle, inerte et froide. Elle la regarde et elle se demande…

…si elle ne ferait pas mieux de la rejoindre.