Cette fois j’arrête de courir les yeux fermés. Je reprends mon souffle, mon calme, et je me retourne pour regarder tout ce(ux) que j’ai l’aissé(s) derrière moi.

Trois ans d’aventures. Des tumultueuses, des tendres, des tapageuses, des discrètes, des tourmentées, des sereines, des troublantes, des quelconques, des intenses et des superflues. Mais toutes, comme des miroirs de moi, m’ont permis de mieux me regarder.

Au début tu ne sais pas et tu ne réfléchis pas toujours beaucoup. C’est le début de la course : tu pars trop vite, tu ne t’économises pas, c’est l’euphorie. Mais tu te fatigues et tu finis par comprendre que le parcours peut être long. Alors tu choisis mieux tes chemins et tu t’équipes autrement. Tu essaies d’avoir moins froid. Tu sondes mieux tes partenaires, aussi. Vont-ils te ralentir ou accélérer ton pas ? Découvrir pourquoi ils courent en revanche reste toujours aussi compliqué, et tu te trompes, souvent. Il t’est même arrivé de croire que certains couraient pour toi ! Quelle idiote tu fais, parfois…

C’est la première vérité qu’il faut savoir regarder en face : dans cette tribulation on court tous pour soi, jamais pour quelqu’un. Le croire, c’est se tromper d’aspiration et multiplier les obstacles. On l’oublie facilement quand on a réglé son pas sur le pas d’un partenaire. On oublie beaucoup de choses quand on court trop longtemps à côté de quelqu’un… Je ne compte pas les fois où j’ai fait cette erreur de penser qu’#ils couraient pour moi. Qu’#ils me suivaient pour mon audace à ne pas choisir les sentiers balisés, pour ma maîtrise de l’exercice, et le parfum de mystère qui flotte autour de moi. Qu’on serait deux au milieu des autres. Qu’ensemble on irait plus loin, plus vite.

Il faut savoir se détacher. Je l’ai appris. Et personne n’est encore venu me prouver le contraire.

La deuxième vérité, c’est qu’il y aura des blessures. Ça n’est pas un parcours de santé, c’est un raid en solitaire : les chemins sont cahoteux et on n’est pas toujours bien préparés. Le bon côté c’est qu’avec un peu de discipline, on ne fait jamais deux fois la même erreur.

Mais le savoir ne fait pas tout.

La troisième vérité est toute personnelle : j’aime croire à cette illusion que l’un d’#eux un jour choisira malgré tout de courir avec moi. C’est peut-être inaccessible et je suis raisonnable, je pourrais m’y résoudre. Le problème, c’est que je crois que le secret qui leur aurait à tous permis de rester un peu n’était pas si bien gardé.

Il fallait juste tenir ma main…

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