Le feu continue de brûler, puis de s’éteindre. De se rallumer ailleurs. Certaines braises me réchauffent encore. Le vin coule toujours à flots, il m’enivre et je m’en délecte.

Un an après, je ne veille toujours pas les feux, mais je commence à regretter qu’ils puissent s’éteindre. Pour autant je ne sais pas quoi faire pour les alimenter. Je crois que j’ai peur à la fois que ça ne marche pas, et à la fois de me brûler. Les échecs, comme les brûlures, ça fait mal et ça marque à vie. Je préfère me réchauffer près des braises et sans les toucher, être proche du souvenir de cette chaleur intense.

Je me pose moins de questions. J’ai plus de certitudes. Les « ai-je le droit de…? » ce sont transformés en « je peux… » ou « je ne dois pas… ».

Je peux dire que je suis bien. Je peux dire que j’aime leur peau, leurs caresses, leurs baisers, leur douceur, leur ardeur. Je peux dire « encore ». Je peux dire que je voudrais que le temps s’arrête quand je suis dans leurs bras, quand je me vois dans leurs yeux. Je peux dire que l’atterrissage est difficile après le septième ciel, que ça assomme, que ça étourdit…que ça fait mal (ça, il faut le dire moins fort…). Je peux dire qu’#ils me manquent (ça, il ne faut pas trop le répéter). Je peux les réclamer et leur dire qu’ils se sont accaparé tout mon désir, qu’il n’en reste plus pour les autres. Je peux m’emballer…un peu.

Je ne dois pas me laisser porter par le vent, oublier de freiner et me cogner à la parenthèse qui se ferme. Je ne dois pas confondre désirs et réalité. Je ne dois pas laisser de place aux sentiments qui naissent. Je ne dois pas donner ce qu’on ne me rendra pas et risquer ainsi le déséquilibre qui sonnera la fin de la récréation. Je ne dois pas exister au-delà d’une certaine limite. Je ne dois pas attendre qu’#ils me rassurent. Je ne dois pas me montrer vulnérable, jamais.

Et s’#ils savaient quand je regarde la cour, que je les regarde jouer, à quel point je regrette qu’#ils ne lèvent pas les yeux vers ma fenêtre ? S’#ils savaient que malgré tout, malgré moi, je m’attache, je ressens, j’espère et pire, j’attends ? S’#ils savaient le combat intérieur pour se tenir à bonne distance du feu, ni trop près ni trop loin ? S’#ils savaient les étincelles qui m’atteignent, par centaines, et que je balaie d’autant de revers de pensée ? Dites-moi…qu’est-ce que ça changerait ?

Est-ce que quand on change les règles, on change aussi le jeu ?…

 

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3 réflexions sur “Les règles du jeu (2)

  1. Je lis mon commentaire laissé l’an dernier et je note que, un an plus tard, nous nous tutoyons mais je n’ai plus le droit à des baisers pour chaque commentaire laissé. Un vieux couple !

    Beaucoup de contrôle, de volonté de contrôle, chez toi. Tu y vois une nécessité… Je la questionne !
    Moi, j’ai laissé tombé ça il y a quelques années ; on y arrive, comme lorsque l’on tente de rester droit face aux vagues de l’Atlantique… Il en arrive toujours une, plus forte, qui te plaque au sol et te fait boire la tasse.
    Alors je continue à rire dans les vagues, à me laisser emporter, à recracher parfois un peu d’eau amère en espérant ne jamais me noyer, mais en jouissant des sensations qui me sont offertes.

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    1. Je jouis aussi des sensations qui se présentent à moi. Quant à mes velléités de contrôle, elles ne me questionnent plus et je ne tente pas de les vaincre (puisqu’elles ne m’empêchent pas de jouer). Hors lâcher-prise, point de salut ? Il faut pourtant bien qu’il y ait un pilote dans l’avion.

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  2. Je me pose aussi moins de question, ou d’autres. Les règles de changent pas, elles sont le prix à payer pour jouer. Je m’adapte aux jeux. J’évolue, je vieilli, je mûri, et je suis conscient que mon lâcher prise n’est qu’éphémère.

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